Auteur en costume
Portrait
Portrait façon Kandinsky
Vu par Kandinsky
En tenue décontractée
Au naturel

Hubert de Montsouris explore les lieux où le pouvoir, la technologie et la conscience humaine cessent d’être des abstractions pour devenir des expériences intimes. Il s’intéresse aux organisations, à leurs silences, à leurs mécanismes invisibles, mais surtout aux femmes et aux hommes qui tentent d’y préserver leur liberté, leur dignité et leur part d’incertitude.

Son écriture, soutenue et méditative, emprunte parfois à l’essai sa précision et son exigence. Ses phrases, volontiers amples, suivent les détours d’une pensée qui examine chaque mot, chaque décision, chaque renoncement. Le rythme peut devenir lent, presque clinique, lorsqu’il décrit les réunions, les procédures ou les rapports de force ; il se fait soudain plus lyrique lorsque les personnages se retrouvent seuls, confrontés à leur mémoire, à leur peur ou à ce qu’ils n’ont jamais su exprimer.

Dans ses récits, le dialogue est rare. Lorsqu’il surgit, il est bref, sec, fonctionnel, comme si les mots avaient été réduits à l’essentiel par la crainte de trop révéler. Hubert de Montsouris préfère la parole intérieure, les raisonnements silencieux, les phrases retenues et les vérités qui ne parviennent pas immédiatement à se dire.

Son univers narratif accorde une place particulière aux personnages secondaires, dont le passé affleure par fragments au cœur du récit. Ces respirations, parfois signalées par de simples points de suspension, ouvrent des passages vers d’autres vies, d’autres blessures et d’autres fidélités. Elles rappellent qu’aucun être ne se résume à sa fonction et qu’aucune histoire humaine ne peut être entièrement comprise à travers une opposition entre le bien et le mal.

À travers la fiction, Hubert de Montsouris interroge ainsi les transformations contemporaines du travail, de l’autorité et de l’intelligence artificielle. Ses romans ne cherchent pas seulement à imaginer ce que la technologie pourrait devenir. Ils demandent plutôt ce qu’elle révèle déjà de nous : notre désir d’être protégés, notre peur de décider, notre fascination pour les systèmes qui promettent de penser à notre place — et cette part irréductible de l’être humain qui continue, malgré tout, à leur échapper.

« Je ne suis que votre miroir. »